Les maisons des maîtres de barques du Rumorvan

(Rumorvan : chemin de Morvan ou chemin des hommes de la mer)


Au XVII° et XVIII° siècle, sous Louis XIV (1643-1715), des maîtres de barques se firent construire au Rumorvan ces belles demeures en pierre de taille extraites des carrières voisines.

Ce quartier est aujourd’hui très résidentiel. Autrefois y cohabitaient les notables dans leur belles maisons isolées par de hauts murs et les gens de métier de modeste condition dans des habitations plus simples.

Le manoir du N° 1 a été construit au XVII° siècle par un riche armateur, MOL, seigneur de Kerjan (Trébabu), seigneur du Rumorvan et autres lieux ( blason : d'argent à 3 ancres de sable). En 1738, une vente judiciaire fit passer le manoir de Tanguy-Gabriel Mol de Rumorvan à Joseph Torriec de Bassemaison de Camaret, puis à la famille Bazil.


La maison du N° 7 était appelée “La légion d’honneur” par les habitants, mais la croix de la porte d’entrée est celle des chevaliers de l'ordre de Malte (ancien ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem).
Halna du Fretay (né à Plouguin au château de Lesven) acheta cette maison au général Germain en 1951. Il l’appela “la Bauge”, nom qui lui est resté.

Pierre-Marie de Bergevin habita “Castel Morvan”, la maison du N° 13 et son fantôme y revenait de temps en temps. La légende assure aussi qu’un trésor y était caché.
Les propriétaires qui suivirent, descendantes de J.L. Dauvin, premier historien de Brest, ne trouvèrent rien, sinon un sou de bronze.

La maison du N° 20 a été construite en 1646 par la famille Mol de Rumorvan et occupée ensuite par la famille Masson, puis la famille Marzin. Elle est inscrite à “l’inventaire supplémentaire des monuments historiques” depuis 1970. C’est la seule de Lanildut à être inscrite.
La présence de meurtrières a fait supposer à certains que des corsaires y habitaient. Aucune recherche n’a permis de le montrer.


Cheminées anglaises

Plusieurs maisons du Rumorvan sont surmontées de cheminées à couronnement en demi-lune (les dernières datent de 1818) que l'on appelle dans le pays des cheminées anglaises. Ces cheminées sont particulières à la région Lanildut-Porspoder et on n'en rencontre que de rares échantillons dans les communes voisines.
Pourquoi "anglaises" ? Pour J-F Simon, professeur au CRBC (Centre de Recherches Bretonnes et Celtiques), elles n'ont pas été construites par des anglais, ni selon le modèle anglais de l'époque. Comme elles n'étaient plus compréhensibles par les générations suivantes elles ont été appelées "anglaises" comme elles auraient pû l'être de tout autre nom.


Sources :
Louis LE GUENNEC. Le Finistère Monumental. BREST et sa REGION
ULAMIR. GUIDE HISTORIQUE DU CANTON de PLOUDALMEZEAU
L.P. Les Cahiers de l'Iroise. La Côte des Abers. 17° année, N° 3 (Nouvelle Série)
Chanoine PÉRENNÈS. Plourin-Ploudalmézeau et Brélès
Recherches aux archives de la Marine par Jean GUIVARCH : un seul corsaire, Goulven MOYOT (3° lieutenant à la part sur le Maréchal Brogli)
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